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Mariage & Coronavirus : les nouvelles tendances

En 2019, on célébrait en France 227 000 mariages. Cette année, le chiffre sera sans doute réduit de moitié. Face aux restrictions créées par la pandémie de Covid-19, les amoureux doivent prendre leur mal en patience et s’adapter aux circonstances – quitte à bousculer les traditions au passage. De la taille des festivités aux modes de rencontres, le Coronavirus est en train de transformer durablement le mariage. Quelles sont les nouvelles tendances en cette fin d’année 2020 ? On vous révèle tout dans cet article.

Adieu la fête ! Place aux cérémonies intimes

Si le déconfinement avait permis aux festivités de reprendre en été, c’était évidemment sous conditions. Dans de nombreuses régions, les rassemblements ne devaient pas excéder 30 personnes, et suivre avec rigueur les règles de distanciation sociale. Un coup dur pour les amoureux : en effet, 37 % citent les festivités comme motivation première pour se marier !

Beaucoup ont donc reporté leur mariage à 2021. Pour les plus impatients, une solution s’est imposée : le mariage en comité restreint. Les rassemblements privés laissent effectivement plus de marge de manœuvre. C’est le choix qu’a fait Mélanie Murphy, influenceuse irlandaise : une petite cérémonie avec quelques proches et un repas simple.

« Ce n’est pas la robe de mariée que je voulais porter ni le mariage que je voulais faire, mais cet homme, chers amis, est maintenant officiellement mon mari et cela me suffit ! » a-t-elle déclaré sur Instagram, sous les félicitations de ses followers.

Mais les mariages n’ont pas attendu la pandémie pour devenir intimistes. En 2020, 44 % des couples recevaient leurs proches chez eux et en petit comité. De plus en plus, les amoureux remettent en question le modèle des noces classiques. Que ce soit l’extravagance des festivités, les dépenses surélevées, ou la liste interminable des invités, beaucoup se sentent pris au piège dans un engrenage qu’ils n’ont pas choisi. Et recherchent une cérémonie plus personnalisée.

D’après la sociologue Florence Maillochon, spécialiste du mariage, la pandémie de Coronavirus « ne fait qu’accélérer quelque chose qui devait sans doute se produire dans la dizaine d’années qui vient. » Exit les banquets fastueux, place aux dîners sans chichis.

Lune de miel : un paysage incertain

Quand la situation est aussi changeante, difficile de réserver pour son voyage de noces. Avant la pandémie, les destinations privilégiées par les Français étaient Zanzibar, le Japon et la Malaisie. Depuis, une nouvelle destination insolite a fait son apparition : Gibraltar ! En effet, la procédure administrative pour se marier est extrêmement rapide et requiert très peu de documents. Pendant l’été, ce rocher à la pointe de la Méditerranée est devenu le refuge des amoureux impatients.

Actuellement, beaucoup ont choisi de reporter le voyage de noces à 2021. Les destinations prisées comptent la France et les DOM-TOM, plus faciles d’accès. Mais bien évidemment, les plans restent incertains : sur les forums, les jeunes mariées expriment leur espoir que les voyages soient permis en janvier, parfois sans grande conviction.

Une autre solution ? La « solomoon » (ou « unimoon »), la lune de miel en solo. Ce curieux phénomène, analysé pour la première fois par le New York Times en 2018, semble attirer de plus en plus de couples : le hashtag compte aujourd’hui plus de 2000 publications sur Instagram. Brisant allègrement les normes, ces amoureux iconoclastes préfèrent partir chacun dans une aventure solitaire avant de commencer leur vie ensemble.

D’après la thérapeute Alicia Muñoz, les couples seraient bien avisés de faire une « solomoon » en cette période de pandémie. « Les lunes de miel en solo ont l’avantage de laisser votre partenaire reprendre contact avec lui-même pendant votre absence », explique-t-elle. « Elles sont un moyen de se rappeler que vous êtes distinct de votre relation, au-delà des rôles que vous assumez dans votre couple. » Un rappel salutaire pendant le confinement, qui aura contraint de nombreux couples à cohabiter H24.

Vers une digitalisation de l’amour 

Il y a encore dix ans, les sites de rencontres faisaient volontiers l’objet de moqueries, et les couples qui se rencontraient par ce biais le cachaient souvent à leur entourage. Les applications populaires comme Tinder, Bumble et Hinge ont fortement contribué à réduire le stigmate. Mais il y a fort à parier que c’est la pandémie qui va réellement changer la donne.

Avant le Coronavirus, les couples français se rencontraient au travail (12 %) et via des amis en commun (11 %). Aujourd’hui, le télétravail règne et le couvre-feu a mis une brèche dans les soirées. Quand on est coincé chez soi et que la vie sociale s’arrête, une seule alternative : Internet. Depuis le début du confinement, les sites et applications de rencontres connaissent une prospérité sans précédent. Et avec les restrictions en place, cette tendance n’est pas près de s’inverser.

Un sentiment partagé par Daniel Ahmadizadeh, PDG de la nouvelle application de rencontre Quarantine Together (« Quarantaine Ensemble ») : « La situation va passer » déclarait-il dans une interview à CNBC. « On va tous s’en sortir. Mais ce qui ne va pas changer, ce sont les comportements que nous adoptons maintenant chez nous. »

En 2020, les mariés étaient seulement 9 % à s’être rencontrés sur Internet. Combien seront-ils en 2021 ? Loin d’un secret honteux, trouver l’âme sœur sur Meetic pourrait fort bien devenir la norme. En période de restrictions, tout se digitalise – même l’amour.

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