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Quand on est boulimique, l’hospitalisation, à quoi ça sert ?

L’hospitalisation n’est pas un passage obligé pour les personnes souffrant de troubles alimentaires. L’hospitalisation est utile dans certains cas et obligatoire dans d’autres, lorsque votre vie ne tient plus qu’à un fil… Parfois, les boulimiques ont un poids nettement inférieur à ce qu’il devrait être, comme c’est le cas pour les anorexiques. Leur indice de masse corporelle est inférieur à 18 (la normale est à 20). En dessous de 14, vous risquez votre vie.

Vous êtes épuisé, vous n’avez plus du tout de force et vous tombez dans les pommes. C’est là que vous pouvez être hospitalisé en urgence dans un service qui n’est pas spécialisé dans les troubles alimentaires, mais dont le rôle est de vous nourrir jusqu’à ce que vous ne soyez plus en danger. Cela ne vous aide pas à guérir, il s’agit juste d’un petit coup de pouce. En revanche, vous pouvez être boulimique tout en conservant un poids normal. Personne ne peut deviner que vous êtes malade et donc en danger. À force de vous gaver et de vous faire vomir, vous risquez gros, même si votre indice de masse corporelle est normal.

Seul un médecin saura vous aiguiller

Si vous ne savez pas si vous devez être hospitalisé ou non, il faut consulter un médecin. II peut arriver que physiquement vous ne soyez pas encore en danger (carences), mais que votre boulimie envahisse tellement votre vie que vous ne puissiez plus rien faire d’autre que les courses, manger et vomir. La nourriture et le corps vous obsèdent à tel point que vous ne pouvez plus penser à autre chose. Vous avez coupé les ponts avec toutes vos relations pour cacher votre problème et pour être tranquille quand vous faites une crise. Au point où en est l’adolescente qui donne son témoignage, une hospitalisation peut être nécessaire car, seule, elle n’arrivera pas à se dépêtrer de cette situation.

De quelle manière surveiller le « gavage » lorsqu’on est insatiable ?

Quand les perturbations alimentaires sont insoutenables, il faut manger autrement pour surmonter les crises de boulimie. Il faudrait s’alimenter maigrement, malgré cela il faut quand même se nourrir correctement. Et il faudrait intégrer les protéines et les féculents, en petites portions. Pour triompher de cette catastrophe alimentaire, l’autocuiseur sera un appareillage de première nécessité pour cuisiner rapidement une nutrition normale et adaptée.

Un témoignage préoccupant d’une boulimique

« Je suis étudiante en première année d’histoire de l’art, mais j’ai décroché car je n’ai plus le temps d’aller en cours. Le matin, le réveil sonne et je me dis qu’est-ce que je vais pouvoir manger ? Non, il ne faut pas que je mange ! Mais je dois quand même faire les courses, j’ai vidé tous les placards. Bref, le dialogue infernal reprend à l’intérieur de moi et l’angoisse finit par me prendre à la gorge. Alors, je sais que la seule chose qui m’apaisera, c’est d’engloutir quelque chose. Je cours au supermarché et je remplis mon caddie. Je cours à la maison et je dévore tout, puis je me sens tellement mal que je me fais vomir. Et là, impossible d’aller à la fac, je suis une larve. La tristesse m’envahit et l’inquiétude me saisit de nouveau. II n’y a plus rien à manger, il faut que je retourne au magasin. Et le même schéma se reproduit tous les jours ».

L’urgence d’un traitement

Dans ce type de cas, il est conseillé de se rendre dans un service spécialisé car vous aurez besoin d’aide sur le plan tant psychologique que comportemental. Là, vous allez entamer un véritable travail sur vous-même, en ayant conscience que ce n’est que le début. Vous ne sortez pas guéri de l’hôpital, c’est le démarrage. L’équipe vous lance sur une nouvelle voie que vous poursuivrez à votre sortie grâce à un suivi ambulatoire (c’est à-dire que vous êtes suivi à l’hôpital, mais en consultation externe). Ce temps d’hospitalisation vous permettra de cesser de faire des crises, de retrouver des repères concernant la façon de s’alimenter, de prendre confiance en vous et en la vie. C’est un moment très important, même si ce n’est pas facile. La sortie est un moment très délicat car vous devez vous réinsérer dans la société après quelques mois de déconnexion.

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